Chronik d’1 meuf ki fer tro de truc dan sa vi (mé en fète pa du tout MDRRRR)

Rhaaaaa oui, les statistiques sont lourdes de sens, c’est le néant, le vide, la grande misère sociale.

Rien ne va plus, j’ai à peine le temps d’arroser les plantes grasses et de croiser mon pauvre enfant chien pour les croquettes et les balades et je ne me souviens plus de la sensation moelleuse de mon canapé.

Tout d’abord, la journée c’est boulot, mais le soir aussi, en bossant sur le marché de nuit, je joue à la marchande mais au final je suis explosée. Je me tape, sans exagérer 48h de travail par jour (bon, ok, 11h de « travail »). Mon corps me le montre, je vieillis salement.

Ensuite, vu que j’ai le temps de m’occuper de rien, j’ai aucune idée d’article qui me vient. J’ai le nerf de la création coupé.
Je pourrais bien vous pondre un article sur « Comment les touristes étrangers, notamment les russes et les slaves, sont des grosses putes impolies à qui ça arrache le cul de répondre à votre bonjour et qui vous prennent pour des mendiants en vous répondant par un hochement négatif de la tête du genre « tu me forceras pas à acheter, même en me souriant, connasse » », mais je pense que ça se résume assez bien en une phrase. Un article, ça pourrait vite dériver sur un discours raciste ou tout autre truc impulsif et subjectif qui me forcerai à me pousser dans les pires retranchements de ma haine de la race humaine.

Enfin, quand je dis « m’occuper de rien », y’a quand même un truc dont je m’occupe vite fait parce que ça se passe sur l’ordi, ça me fait rire et ça me permet de décompresser un peu. Avant de vous dévoiler mon oeuvre, ma fierté, je dois vous pondre une petite explication de base.

Cela fait quelques années que sur Facebook, une folie a pris les jeunes filles (et quelques mecs) des cités/quartiers défavorisés/camps de gitans et autres à écrire des « Chroniques ». (Je t’arrête tout de suite, le titre « Chroniques Indépendantes » n’a rien à voir avec ça, je l’ai choisi en 2008 en voulant associer des mots improbables entre eux, et ça a donné ça. Bon, à la base c’était même « Chroniques Indépendantes de l’Avant-Gardisme Autonome », si tu veux tout savoir).

Elles parlent de quoi, ces chroniques ? De leurs histoires d’amour compliquées, mêlant religion, rébellion, violence conjugale, amitié, problèmes sociaux, crise identitaire. De leurs problèmes familiaux (familles monoparentales, mères adolescentes, violence familiale). De leurs déviances sociales (prostitution…)

On est d’accord sur un point, c’est pas tout rose. C’est même plutôt triste à voir, d’autant plus si on rajoute à cela la « qualité »  relativement inexistante de l’écriture. Ça utilise du langage sms/kikoolol à tout va et c’est absolument impossible à lire sans se taper 1g de Doliprane derrière.

Mais le truc, c’est que ça a un succès fou, et pour cause. Ces chroniqueuses se font la voix de milliers de jeunes filles qui vivent la même chose et qui se retrouvent dans ces histoires. Certaines pages dépassent les 40 000 fans et il n’est pas rare que la chroniqueuse s’insurge contre ses fans insistants et oppressants qui  lui demandent toujours plus de « nouvelles parties ».

Parce que voilà, la chronique c’est une chose qui s’écrit au jour le jour. Agrémentée de photos mielleuses et scintillantes des plus beaux couples célèbres black/blanc/beur, qu’elle soit fictive ou pas, c’est, comme nous l’explique ce très brillant article de SLATE, un  véritable « journal extime ». De quoi mettre en haleine, comme dans une série, les fans de chaque page.

Bref, loin de vouloir écrire la même chose que le journaliste Olivier Clairouin, j’avais besoin de vous présenter le contexte.

Ici, quelques liens des chroniques dont les titres  improbables me font le plus rire :

J’BRICRAVE DES JILBEBS POUR LE MARIAGE DES H’LELS

Chronique d’Awa, Amourette, Prison et Mariage impossible…

Chronique de Sarra , Battu violé et Aimer

Chronique d’un Guettoyouth tombé amoureux

Chronique d’une tshoin posséder par le cheitan

Chronique de Will,17 ans pute au masculin

Chronique d’une gitane devenu mère avant d’être mère

C’est grâce à la dernière chronique de la liste, celle de la gitane, que tout a commencé.

Novembre 2011: En ma bonne âme et conscience de troll, je flânais à la recherche d’un bon groupe à venir emmerder, juste pour touiller le bâton dans la fourmilière et me barrer comme si de rien était.

Je lâche donc un petit « C’est de la merde ton truc », totalement détaché, dénué de toute agressivité sincère, et j’attends de voir ce qui se passe.

Comme je suis une vieille roublarde du troll et de l’internet, je savais que la proie était facile. Le résultat ne se fit pas attendre une seconde. Je fus agressée de toutes parts par mille milliards de gitanes (blondes, bleues et maïs) venant me dire que si ça me plaisait pas, j’avais qu’à me barrer (certes), que je devais mettre ma rage dans cette boîte \____/ (si si), que je pouvais manger mes morts (rhooo) et on me lança des insultes inconnues encore indéchiffrables à l’heure actuelle : « Rique te moulle, tchip de narvale. Piste ta photo endirais une fadolie de Idor toulouse » (si quelqu’un est capable de me traduire ça, je le remercierai personnellement).

Une farandole d’expressions improbables, de réactions démesurées sur les goûts et les couleurs, du pain béni pour moi.

Après avoir savouré, plus que tout, cette magnifique cohésion des fans contre l’agresseur, des messages ayant déjà été diffusés à la moitié du monde pour mettre ma tête à prix, je pensa qu’elle était peut-être là, la clé du succès : Raconter de la merde aux gens pour devenir célèbre.

Non sans émotion, je me lanças dans la création de ma propre chronique fictive : Chronik d’une narvali ki a lseum de la vi en essayant de reprendre tous les codes imposés par ce nouveau mode d’écriture : Jeune fille à problèmes, photos déprimantes, écriture douteuse, majuscules à outrance, histoire puant le fake à 100km mais attitude de rejet de la part de la protagoniste quand on lui fait remarquer.

Merci à ma soeur pour ce photomontage digne des plus grands illusionnistes

C’est donc ça, les amis, qui m’occupe en ce moment. L’histoire de Narva (l’insulte de la « narvale » m’a tellement marquée que j’ai tout basé là-dessus), une jeune black ayant une corne au milieu du front et des autres personnages, Yama sa mère, Afitou son frère, et Mike que je vous laisse découvrir.

Il y a actuellement 11 parties, qui peu à peu deviennent de plus en plus intéressantes, avec une intrigue à la Dan Brown, Harlan Coben et Bernard Weber, que nous appellerons pour plus de comodité  » les Dan Ar Braz ». (On m’a soufflé patricia CORNEwell et j’ai envie de vous dire que ça m’a fait pouffer ^^)

Moi ça me fait bien marrer, ça occupe ma pause déjeuner et ça commence à prendre un peu d’ampleur, j’en suis très fière.
ET VOU ? VOU VOULER LIRE LA CHRONIK DE NARVA ? SI SA VOU PLER FETE TOURNER SA SOUFRANSE. MERCI BISS BOUSS MOUAHHHHHHh <3

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